Faire appel à d’autres !

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Lettre aux amis du monde N° 69

Mener des actions qui permettent à celles et ceux vivant dans la misère de manifester leur dignité et leur aspiration à la liberté, impose en effet de faire appel à d’autres, ainsi que le disent de nombreux correspondants : "Nous savons que seuls nous ne pouvons pas atteindre cet objectif."

Le « Nous » représente le fil conducteur des témoignages de cette Lettre. Il reflète la volonté et la nécessité de s’unir pour agir devant l’intolérable de l’exclusion et de l’humiliation. Mener des actions qui permettent à celles et ceux vivant dans la misère de manifester leur dignité et leur aspiration à la liberté, impose en effet de faire appel à d’autres : « Notre programme est ambitieux mais si nous voulons sortir cette population de l’extrême pauvreté, nous savons que seuls nous ne pouvons pas atteindre cet objectif. »

Faire appel à d’autres, c’est vouloir s’élargir et s’ouvrir vers d’autres horizons, d’autres apprentissages, d’autres liens : « Avec des jeunes de moins de 30 ans, nous travaillons main dans la main dans un projet de mini-bibliothèque dans un quartier pauvre. La mairie nous offre les meubles et la Bibliothèque Nationale, le Centre culturel portugais et la Caritas capverdienne nous ont offert des livres. » « On accueille des prisonniers venus de prisons traditionnelles et on y met l’accent sur la mise en valeur des qualités humaines et la stimulation de la confiance en soi et de l’autodiscipline. Les gardiens ne sont plus nécessaires : la communauté des prisonniers et le personnel les remplacent. »

Faire appel à d’autres, c’est vouloir mettre des actions en apparence modestes au coeur de politiques nationales et internationales : « L’initiative a été intégrée au programme de développement de la petite enfance du Ministère de l’éducation nationale. » « Une soixantaine de femmes de tous âges se relaient par groupe de cinq afin de s’occuper (bénévolement) des 60 enfants. Les frais de scolarité sont versés chaque mois par les parents… L’initiative est soutenue par l’Unesco, l’Unicef et la Ficeméa. »

Faire appel à d’autres, c’est chercher à s’inscrire dans une démarche prospective : « Nous aimons ce que nous faisons mais notre action, menée de manière intuitive jusqu’alors, a maintenant besoin de se structurer et de trouver des échanges pour améliorer les services offerts et assurer leur pérennité. » « J’ai réalisé que nous étions toute une population à travers le monde à porter les mêmes espoirs, les mêmes privations, les mêmes souffrances mais aussi la même résistance et si on voulait s’en sortir, il fallait qu’on s’engage nous aussi et qu’on se forme. »

Faire appel à d’autres, c’est avoir l’humilité de chercher auprès de ceux qui sont exclus le chemin qui permettra la rencontre : « S’il vous plaît, acceptez que je vous aide. »

Après la campagne « Refuser la misère, un chemin vers la paix » (cf Lettre aux amis du monde n° 68), l’Appel à s’unir pour un monde sans misère, ci-joint, attestera, de 17 Octobre en 17 Octobre, du nombre grandissant de celles et ceux qui veulent pouvoir compter les uns sur les autres dans leur recherche de justice et de fraternité. Devenons de plus en plus nombreux à l’affirmer.

Huguette Redegeld Vice Présidente

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