Extrême pauvreté et gouvernance mondiale

En septembre 2005, le rapport présenté par M.
Kofi Annan devant l’Assemblée Générale
des Nations Unies « Dans une liberté plus
grande : développement, sécurité et respect
des droits de l’homme pour tous », marque une inflexion
significative dans le contenu des objectifs proposés
aux Nations Unies, 60 ans après leur création.
Pour justifier son projet de réforme des Nations Unies,
au lieu de partir de l’objectif historique de paix et de
sécurité internationale, l’objectif majeur qu’il propose
aux États est désormais « la recherche du développement,
de la sécurité et des droits de l’homme pour
tous ». Ainsi pour que la communauté internationale
soit en mesure de mettre en œuvre la Déclaration universelle [1]
il propose de fonder le pacte social mondial
sur le triptyque développement, sécurité et droits de
l’homme.
Or les hommes et femmes qui vivent dans
des conditions d’extrême pauvreté sont ceux qui les
premiers sont confrontés en permanence et souvent
génération après génération à l’absence de sécurité,
au manque de développement et à la violation de
leurs droits fondamentaux.
Et ce sont d’abord les plus pauvres, du fait de leur histoire
exceptionnelle de lutte pour la défense de leur
dignité alors que certains, voire tous leurs droits, sont
violés, qui peuvent apporter leurs expériences et leurs
savoir-faire dans la lutte pour un monde plus harmonieux,
plus solidaire et pacifié.
Ce cahier a donc pour objet de faire des propositions pour que, d’une part l’éradication de l’extrême pauvreté soit placée au cœur des objectifs politiques poursuivis par une gouvernance mondiale rénovée. Et pour que, d’autre part, la participation des plus pauvres de l’humanité à l’élaboration des principes nouveaux qui devraient régir la future gouvernance mondiale, soit reconnue comme une condition
[1] « …l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme. »






