Des militants Quart Monde aux Nations Unies

Avec les Nations Unies (ONU)
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- Les droits de l’homme et la participation des personnes vivant dans l’extrême pauvreté, clés pour atteindre les OMD en 2015
- 61e Conférence annuelle Département de l’information de l’ONU / ONG
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Venus de Haïti, du Honduras et des USA, les jeunes délégués de ATD Quart Monde représentaient les jeunes de communautés exclues, qui sont trop souvent mal vues par la société alors qu’en réalité elles peuvent être des points de stabilités et de résistance pour leur famille et leur habitants.
La présence de ces délégués à New York a été une occasion exceptionnelle de s’assoir à la même table pour des hauts responsables de l’ONU et des personnes qui vivent dans la grande pauvreté. Elle manifeste la conviction d’ATD Quart Monde que pour éliminer la misère, le savoir de ceux qui la vivent chaque jour doit être mis en valeur et croisé avec celui des experts traditionnels.
L’accent de la Journée mondiale pour l’éradication de la pauvreté était mis sur le lien entre extrême pauvreté et travail décent. La commémoration qui s’est tenue à l’ONU a souligné la situation en se centrant sur les jeunes, car l’ONU a proclamé cette année Année internationale de la jeunesse. Véronica Jurado de New York est l’exemple de beaucoup de jeunes. Non seulement elle est la fierté de ses parents qu’elle aide par des activités de recyclage, mais son activité engendre davantage de ressources supplémentaire nécessaires pour sa famille, grâce à Sure We Can1, un centre de réhabilitation avec qui ATD Quart Monde à New York a établi une relation tout au long de l’année. Véronica a commencé à collecter des canettes quand elle était en cinquième niveau, pour aider sa mère à payer l’hôpital quand son père a eu un accident et n’a plus pu donner de l’argent pour eux.
« Au début, j’étais gênée car quelques amis vivaient dans la zone où je collectais des canettes. Alors je me déguisais et si je les voyais je faisais comme si je faisais autre chose. Ma mère m’a dit que je ne devrais pas être gênée de travailler : travailler n’est pas gênant, voler si ! » a dit Véronica à l’audience lors de la commémoration de la Journée mondiale pour l’éradication de la pauvreté à l’ONU. Aujourd’hui cette courageuses jeune femme va de l’avant, en sachant qu’elle n’est pas la seule à prendre des responsabilités importante étant enfant, pour aider sa famille financièrement. Un jour elle espère devenir juge pour défendre le droit des gens et aussi pour apporter une meilleure vie à ses parents.
Une délégation composée à la fois d’adultes et d’enfants venus de Haïti et du Honduras a rencontré le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Joseph Deiss. Ils ont expliqué que l’Objectif du millénaire pour le développement de réduire de moitié la pauvreté est grandement insuffisant car ce n’est pas juste ni équitable de sortir un certain pourcentage de gens de la pauvreté quand les autres sont exclus. Ils jugent qu’on ne doit laisser personne de côté à se débrouiller seuls quand il s’agit de ceux qui sont dans l’épreuve de l’extrême pauvreté.
Les délégués de Haïti ont voulu que Mr. Deiss sache que suite au tremblement de terre, leur communauté mal desservie n’a pas reçu l’aide humanitaire, car on la considérait comme une zone trop dangereuse. Ils ont aussi demandé à l’ONU d’être plus ouverte aux haïtiens en améliorant l’accès à l’importante information publique sur l’aide alimentaire en haïtien plutôt qu’en anglais, comme c’est souvent le cas.
Durant le dialogue avec Susan Bissell, Chef du département de la protection de l’enfance à l’UNICEF, la déléguée du Honduras, Carmen Banegas a parlé des dangers de la drogue et de la prostitution pour les jeunes filles dans son pays qui doivent vendre des tortillas dans la rue pour compléter les revenus de leur famille qui vivent dans la grande pauvreté. Ce fut un apport utile et opportun pour le Département car il déplace sa stratégie de la réaction à la prévention quand il en arrive à protéger les jeunes des abus sexuels et des trafics.
Ayant elle même fait l’expérience de la peur, de la faim et du manque d’acceptation sociale, Alvenia Hutton, qui vient d’un quartier difficile de New York, a bien résumé la situation lors de la commémoration de la Journée internationale pour éradication de la pauvreté à l’ONU, quand elle a décrit sa vie dans son quartier où la violence des gangs est habituelle, en disant qu’elle survit dans une zone de guerre. Elle croit qu’elle a surmonté la situation grâce, selon ses propre mots, à la « cavalerie » de soutien qui sont venus non seulement de sa famille mais aussi des activités comme les Bibliothèques de rue de ATD Quart Mode qui lui ont procuré des sorties positives et un accès à la culture. Aujourd’hui, en tant que jeune leader dans son quartier, c’est à elle d’aider les jeunes à s’en sortir malgré les circonstances.
La contribution des délégués aux événements de l’ONU ce mois d’octobre dernier a montré un exemple de la contribution d’enfants et d’adultes d’origines sociales et culturelles diverses, faite pour améliorer la vie dans leurs quartiers.
ATD Quart Monde multiplie les effort pour que la participation significative de personnes qui vivent dans l’extrême pauvreté puisse faire poids dans le travail mené aux Nations unies en vue de son éradication. La Journée mondiale pour l’éradication de la pauvreté offre une fenêtre pour montrer la valeur de cette participation, cela doit aussi devenir une caractéristique normale des stratégies et des pratiques de l’éradication de la pauvreté.






