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Articles de réflexions
De l’importance de la « deuxième rencontre ».

Théorie et exemple à Strasbourg
La première rencontre c’est la première rencontre. Elle peut être « forte », « magique », « touchante », ou même « troublante »… mais elle reste la première rencontre, c’est-à-dire la rencontre de deux inconnus avec toute l’appréhension et la méfiance que cela suscite.
A la fin d’une première rencontre avec une autre personne, la relation créée reste fragile. Peut-être que nous nous reverrons. Peut-être que nous ne nous reverrons jamais. Rien n’est sûr. La fin de la première rencontre est donc souvent marquée par une joie mélancolique mêlée de peur. La peur de ne plus jamais revoir l’autre.
La deuxième rencontre change tout. Elle nous fait passer dans une autre dimension. Quand nous revoyons une personne pour la deuxième fois, en exagérant un peu, c’est comme si nous étions des amis depuis toujours. La deuxième rencontre s’accompagne de la joie de se retrouver, d’une confiance naissante et de l’espoir de faire des choses ensemble. Cela parait clair que si nous nous sommes vu deux fois, nous nous reverrons une troisième fois, puis une quatrième… Jamais deux sans trois.
La première rencontre peut parfois être synonyme de « fin », la deuxième rencontre est synonyme de « début ». A la fin de la deuxième rencontre il y a donc un mélange de tristesse, de joie et d’espoir.
Bref. Revenons en à Strasbourg.
Jeudi 28 juin 2007. Première rencontre avec les enfants et quelques parents du quartier du Port du Rhin. Un quartier situé juste en face de l’Allemagne sur les bords du Rhin. Un quartier oublié, excentré et exténué.
Mais les enfants que nous découvrons renversent en un clin d’œil la fatigue du quartier. Leur arrivée est un torrent d’énergie. Cela fait six mois qu’ils préparent avec l’équipe de Bibliothèque de Rue du quartier l’arrivée des caravanes et ils sont au taquet.
Objectif de ce jeudi ? Aucun. Enfin si quand même, faire connaissance avec les enfants : jouer au foot, faire des petits jeux et discuter de tout et de rien. C’est la première rencontre. Malgré une certaine défiance nous accrochons bien avec les enfants.
Vendredi 29 juin 2007. Après la visite du Conseil de l’Europe avec quelques famille du quartier du Port du Rhin nous entamons notre « deuxième rencontre » avec les enfants de ce même quartier. La théorie de la « deuxième rencontre » fonctionne à merveille. En retrouvant les enfants, nous retrouvons des amis. Nous nous appelons par nos prénoms, nous nous saluons sans méfiance, heureux du plaisir de se retrouver.
Les trois prochains jours seront consacrés au « faire ensemble » qui permet d’approfondir notre deuxième rencontre. Au menu : théâtre forum, construction de masques géants, farandoles, cirque, peinture, soirée concert… Une journée au centre ville tous ensemble – où ne les enfants du quartier ne vont jamais – permet de sensibiliser le public dit « grand ».
Bref. 4 jours remplis de belles rencontres. 4 jours de rigolades et de partage avec nos amis.
Malheureusement il finit par arriver un moment où nous devons dire au revoir et nous préparer à repartir pour la prochaine étape.
Et là, nous avons beau avoir vécu une deuxième rencontre formidable, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous poser certaines questions :
- « A quoi cela sert-il de rentrer de manière aussi forte dans la vie des gens pour une période aussi courte ? »
- « Est-ce que nous laissons les personnes que nous avons rencontrées avec plus de force pour faire face à leur quotidien ou avec le sentiment qu’une fois de plus quelqu’un les abandonne ? »
Ces questions n’ont pas de réponse facile. Nous espérons simplement qu’à travers ces quatre jours très forts à Strasbourg, nous avons réussi à lancer un élan et à redonner du souffle à la fois aux habitants du quartier du port du Rhin et aux membres de l’équipe locale qui nous a accueilli – et sans qui la majorité des rencontres auraient été impossible. Nous espérons que l’équipe locale pourra « surfer » sur l’énergie que nous avons apportée et que nous avons essayée de repartager.
Et puis plus simplement, nous espérons que dans notre manière de rentrer en relation avec les enfants et leurs parents c’est-à-dire en leur parlant normalement, en leur faisant confiance, en étant amis, nous contribuons à leur montrer qu’ils ont les mêmes capacités que tout le monde et qu’ils ne sont évidemment pas des « cons » ou des « bons à rien » comme le pensent certains de leur concitoyens.
Peut-être qu’en changeant juste notre regard et notre manière de rencontrer l’autre nous pouvons changer le monde…
Concernant notre passage à Strasbourg, aller aussi découvrir la vidéo sur la place de la Cathédrale avec une interview de Sylvie qui avec d’autres a longuement préparé cet accueil. Comme vous allez le voir, la préparation n’est pas tout, il faut aussi être présent pour aider les personnes à s’exprimer… http://www.caravanes-atd.eu/Video-de-la-caravane-2-a.html









N’oubliez pas que le plus important pour nous est l’échange et la transmission alors n’hésitez pas à nous envoyer vos commentaires, suggestions, remarques ou questions à l’adresse suivante : caravanes2@atd-quartmonde.org
Merci et à bientôt !




