Actrices du bidonville
Article publié dans Sud Ouest le 11 mai 2010
France
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En 1957, le père Joseph Wresinski et les habitants du camp de Noisy-le-Grand ont fondé ATD Quart-Monde. Cette association née au milieu du bidonville pour que les victimes de la pauvreté soient les acteurs de leur propre promotion.
C’est cette histoire qui sera mise en images, cet été, par Caroline Glorion, réalisatrice des « Films de la Croisade ». Son équipe s’est installée sur Bègles, et dès le casting des figurantes, l’esprit du père Joseph, l’esprit de « faire avec », plane sur l’assistance.
Ce premier rendez-vous ressemble plus à un groupe de paroles de femmes qu’à une audition : la froideur hivernale de ce début mai contraste avec l’ambiance chaleureuse qu’ont créée ces 16 femmes dont sept Béglaises, adhérentes du centre de l’Estey, et neuf autres, membres d’ATD Quart-Monde, alors qu’elles se livrent au jeu de l’improvisation filmé.

Plus qu’une figurante
Au départ il s’agit de témoignages parfois proches du psychodrame vite canalisé par la réalisatrice. L’un de ses assistants confie que cette démarche a pour but de rechercher l’authenticité, car chacune de ces femmes est plus qu’une figurante c’est une partie vivante du camp et le camp est lui-même un personnage à part entière.
Pour finir cette réunion, les figurantes sont regroupées autour de Caroline Glorion qui dévoile une des scènes principales du téléfilm qui sera diffusé sur France 2 : « Ça se passe au milieu du bidonville. Après avoir rencontré le maire de Noisy, le père Joseph organise une grande réunion qui est l’occasion de prises de parole au micro et de revendications par les habitants… » Quelques murmures et les questions fusent sur le déroulement du tournage…
La réunion se termine et déjà nos Béglaises donnent leurs premières impressions : « Très enrichissant, j’ai découvert que je n’étais pas timide, je me sens plus à l’aise » ; « C’est un sujet qui nous concerne, la vie de famille depuis 1960, ça n’a pas trop changé pour nous les femmes » ; « On n’a pas le même accent, c’est amusant » ; « Moi c’est le côté intime qui m’a impressionné, les femmes qui parlent de leur vie… » ; « Il faut se penser dans les années 56, parler devant la caméra, retenir les textes » ; « On va tourner deux à trois jours, sur le bidonville ! » Malgré la pluie glaciale, elles se prêtent au jeu de la photo en vraies professionnelles.





