1500 personnes pour célébrer dans la fête le 17 octobre à Rusatira

Extraits du récit envoyé par Alexie Gasengayire
Rwanda
- 17 octobre 2008 au Rwanda : s’unir pour refuser l’isolement des plus pauvres
- 1500 personnes pour célébrer dans la fête le 17 octobre à Rusatira
Les cérémonies ont débuté par une messe solennelle, puis un défilé réalisé conjointement par les élèves de deux écoles primaires, les amis d’ATD et de Solives, un groupe de jeunes « semeurs de la paix » ainsi qu’une délégation des femmes membres d’une association Abiragijekristu de Kigali qui étaient venues se joindre à nous. Le défilé a été suivi par l’hymne national. 1500 personnes étaient réunies.

De nombreuses personnalités étaient présentes, dont le chargé des affaires économiques du district de Huye, l’invité d’honneur. Il y a eu beaucoup de discours et messages (…)

Ce qui a ému les gens c’est le témoignage d’une amie d’ATD, Mme Odette, qui a parlé de sa vie après le génocide. Elle avait perdu le goût de la vie et ne sortait jamais de son enclos. Elle s’était exclue de la société, ne voulait se rendre chez personne et ne voulait accueillir personne chez elle. Ce n’est que grâce à l’action sociale des amis d’ATD qu’elle s’est sentie revivre, car elle a senti qu’on s’intéressait à elle, sans se moquer d’elle ni la critiquer. Ayant retrouvé les forces intérieures, cette femme a pu par la suite suivre une formation en couture. Elle peut gagner actuellement de l’argent. En terminant son témoignage Odette a dit aux amis d’ATD être prête à leur partager gratuitement ses connaissances en couture, dans le cadre de la solidarité. Elle était très confiante en elle et son visage était rayonnant. (…)
Les amis d’ATD et les membres de SOLIVES ont présenté des numéros de danse, et ont invité les autorités à venir danser avec eux. C’était très jovial.
Il y avait aussi une troupe de danseurs qui avait participé à la fête pour égayer les gens.
Un groupe des enfants a joué une saynette sur les droits de l’enfant. La saynette parlait d’une jeune fille orpheline à qui un jeune homme offrait des petits cadeaux pour pouvoir abuser d’elle. Plus tard une jeune maman a eu la bonté de l’accueillir à la maison mais son mari a refusé de garder l’enfant. Cela a crée des conflits puisque le mari disait qu’il n’avait pas besoin de nourrir une inconnue. La femme fâchée par ce refus est partie quelques jours chez elle mais plus tard elle s’est résolue à revenir et défendre les droits de la fillette. Son mari a été finalement convaincu de garder la fillette.
Une autre séquence montrait les enfants dans la classe où l’orpheline avait été intégrée. L’enseignant contrôlait les présences en classe mais se rendait comptait qu’il y avait beaucoup d’absents. Les raisons étaient : un enfant que ses parents avaient empêché de venir étudier car il devait garder le riz (pour chasser les oiseaux). Un autre était malade et n’avait pas pu se faire soigner car les parents n’avaient pas pu payer la mutuelle de santé, un autre dont les parents n’arrivaient pas à payer les frais scolaires etc…
Après la fête, un repas a été partagé dans la convivialité.
Voici les échos de la fête recueillis auprès des membres de Solives de Rusatira :
- « Nous étions très heureux de nous asseoir face aux autorités. Dans d’autres fêtes, la plupart des cas nous n’avons pas où nous asseoir. Nous restons debout sous le soleil ou nous nous asseyons dans l’herbe par terre. »
- « Nous avons apprécié les danses et les témoignages des amis d’ATD. A travers les chansons ils témoignaient du fait qu’ils ne sont plus isolés, qu’ils osent prendre la parole et faire passer des messages. Cela nous a encouragés à aller de l’avant ».
- « Certains parmi nous ont beaucoup apprécié la messe. Cela faisait beaucoup de temps qu’ils n’allaient plus à l’église, par manque d’habits convenables. Ils avaient honte d’eux –mêmes ».
- « Nous avons beaucoup apprécié le fait de partager le repas avec les autorités et autres invités. Nous avons beaucoup aimé le fait d’être servis par des intellectuels. C’était la première fois que nous étions honorés de telle sorte dans une fête ».
- « Nous avons confiance que le 17 octobre prochain nous pourrons à notre tour témoigner des pas franchis dans la lutte contre l’exclusion et la misère, grâce à l’encadrement de Solives ».
- « Nous remercions les gens qui ont pensé au 17 octobre. Une journée qui valorise réellement la personne pauvre. »





